LE FILM 35 mm
1) Différents formats
Dès 1890, Thomas Edison met au point le film perforé qui sera utilisé dans les premières caméras. Assez curieusement, alors que plus d'une vingtaine de formats ont été commercialisés depuis
l'origine du cinéma, c'est celui qui, imaginé par Edison qui est, à quelques adaptations prés, celui du film standard 35 mm actuel.
Mais la notion de format est ambigüe. Elle désigne d'une part la largeur de la pellicule, et d'autre part le rapport des dimensions de l'image projetée à l'écran.
Les formats inférieurs au 35 mm sont appelés "substandards" et sont pour la plupart des formats amateurs. Le 16 mm a principalement été utilisé par la télévision et pour le tournage de films à
petits budgets. Le super 16 est un format réservé à la prise de vue qui utilise du film 16 mm à une seule rangée de perforations. Ce film doit ensuite être "gonflé" en 35 mm pour la projection.
Dans les années 50, certaines salles ont été équipées en 70mm, mais pour des raisons de coût, ce format a été pratiquement abandonné. On utilise cependant ce format dans deux procédés
spectaculaires: l"Omnimax" (le film défile horizontalement, l'image est trois fois plus grande que dans le 70mm classique et mesure 66 mm sur 145, elle est projetée sur un écran
hémisphérique);
le "Showscan" (la disposition est celle du 70mm mais la cadence de défilement est de 60 images par seconde, ce qui améliore considérablement la sensation de réalité). A la géode de la Cité des
Sciences de la Villette, ainsi qu'au Futuroscope de Poitiers, on peut voir de tels procédés mis en oeuvre.
Le 35 mm est le format standard du cinéma professionnel, il comporte deux rangées de perforations au pas de 4,75mm et avance de 4 perforations par image, ce qui, à la cadence de 24 images/seconde, donne une vitesse de défilement d'environ 45,6mm/s. Ce format de film permet d'obtenir toutes sortes de format d'images, à la prise de vue, ou à la projection, les plus courants étant le 1.37 (image de 20.95mm sur 15.29mm), le 1.66 (image de 20.95mm sur 12.62mm), le 1.85 et le Scope au format de 2.35 (image anamorphosée de 21.3mm sur 18.15 mm sur le film).
2) Différents supports
Le film est composé d'une couche sensible, qui permet l'enregistrement photographique successif des differentes vues, et d'un support à cette couche sensible.
Le support doit être transparent, souple, stable et bien sur solide. Plusieurs types de supports ont été ou sont utilisés:
-le nitrate de cellulose (appelé aussi film flamme ou flam) fut utilisé dès les début du cinéma et jusqu'en 1961, date à laquelle il fut interdit pour sa dangerosité (il fuse a 150° en libérant des vapeurs nitreuses extrêmement toxiques).
-Le diacétate de cellulose (film non flam) créé pour les films amateurs, cher et assez peu solide.
-le triacétate de cellulose: un film dit de sécurité est difficilement inflammable (il ne s'enflamme pas en moins de 10 mm à une température de 300°), difficilement combustible (un échantillon de 300mm brûle en plus de 45 secondes). Le support en triacétate racornit sans flamber en présence d'une source de chaleur ou s'eteint dès qu'il n'est plus exposé à l'action directe d'une flamme.
-les supports polyester. Ils satisfont aux exigences du film de sécurité, leurs propriétés mecaniques et leur stabilité sont largement supérieures à celle du triacétate.
La durée de vie des supports nitrate est d'environ 50 ans. On estime que les supports triacétate auraient une durée de vie de 300 ans et les supports polyester 500 ans.Par ailleurs les supports polyester ont une résistance mécanique supérieure d'environ 40% à celle des supports triacétate. Ils peuvent donc être plus minces (environ 5%) et sont donc plus souples.
3) Le retrait
En vieillissant, les composés organiques du film (cellulose,gélatine) perdent une partie de leur souplesse, deviennent plus cassants et se rétractent. Ce phénomène appelé "retrait"peut être trés
sensible pour les supports nitrates, il est trés faible pour les supports triacétate et en principe négligeable pour les supports polyester.
La tolérance maximimale de retrait admissible est de 1%.
4) Le Moteur
Dans la plupart des cas, le secteur étant alternatif, on utilise un moteur dont la vitesse de rotation est rigoureusement constante: moteur "asynchrone-synchronisé". Ce moteur d'entrainement est
monté sur une petite plate forme: son arbre est relié à l'arbre d'entrainement du mecanisme soit par une courroie trapézoïdale et poulie, soit par engrenages.
La longueur du film qui sort par seconde du débiteur inférieur, en 35 mm, est de 456 mm. Cette longueur est constante tout au long de la projection. Il faut donc que la longueur du film enroulée
par seconde sur la bobine réceptrice soit constante et égale à 456mm. L'axe de cette bobine est entrainé par un dispositif à friction. Son arbre est entrainé à plus grande vitesse pour
l'enroulement des premières spires et, à mesure que la quantité de film enroulé augmente le système patine sur l'arbre d'entrainement. Ces systèmes sont entrainés par chaine, par courroie, par
arbre ou par moteur.
5) Les sécurités
a) Carters et étoufoirs: depuis l'apparition du film de sécurité ces dispositifs ne sont plus guère
utilisés. Les bobines débitrices et réceptrices étaient enfermées à l'intérieur de boites métalliques. Le passage du film se faisait dans un couloir muni de rouleaux. Ce système était destiné à
éviter la propagation du feu dans les carters en cas d'incendie.
b) Volets de sécurité: C'est un obturateur automatique qui vient couper le faisceau lumineux en cas
d'arrêt accidentel de l'entrainement du film au niveau de la fenêtre de projection, ou du ralentissement excessif.
c) Pédale de boucle: c'est un dispositif qui détecte l'accroissement excessif des boucles qui se
produit en cas de rupture ou de blocage du film. C'est une petite lame mobile autour d'un point fixe dont le déplacement assure l'arrêt du moteur d'entrainement et par conséquent du volet de
sécurité qui vient couper le faisceau lumineux.
