29 mai 2017 1 29 /05 /mai /2017 19:45

A gauche, Sany, street artiste tchèque encagoulée et militante 

 

séance unique
Girl Power
de Sany & Jan Zajicek
vendredi 23 juin 20h30
en partenariat avec Da Storm

Visage cagoulé, Sany, 30 ans, ne plaisante pas avec l'anonymat. Originaire de Prague, elle n’est pourtant pas une criminelle. Simplement une accro du graffiti.

« Dans beaucoup de pays, cette activité est considérée comme un crime. En République Tchèque, la police t'envoie en prison si tu écris sur les murs. Alors je me camoufle. Ma famille ne connait pas ma double vie, ils ne comprendraient pas. Les gens pensent hâtivement que si tu es graffeur, tu es forcément drogué, délinquant ou adolescent. Quand j’ai commencé à taguer, je devais avoir 16 ans. Cela ne m’a jamais empêché de bien travailler à l’école, puis d’avoir un poste de direction. Je connais des femmes à très hautes responsabilités qui graffent avec moi certains soirs. »

 

En 2009, Sany décide de témoigner de cette « culture à part » en réalisant un documentaire, Girl Power. Elle va pendant sept ans rencontrer des « graffeuses » à travers le monde, pour étudier et comparer leurs travaux. Une odyssée aux portes de l'impossible quand on n'a pas un sou, qu'elle va pourtant mener au bout, se rendant à Moscou, Berlin, Sydney, New-York, Cape Town, Kaboul, Rio, Milan, Madrid et Amsterdam... Avec une dernière épreuve en guise de bouquet final : « J'ai interviewé des artistes dans huit langues différentes, toutes ne parlaient pas anglais. On a souvent demandé à des gens dans la rue de nous aider à traduire. Au montage, c'était une belle Tour de Babel ! »

Le Sémaphore - dans ACCUEIL